Les gouttes de pluie qui se déversent font pousser des champs de parapluies dans les rues. Ils forment des ballets, se croisent et se décroisent, se suivent ou s’évitent. Fleurs de rosier, fleurs d’oranger, fleurs de charbon ou fleurs d’arc-en-ciel, les parapluies dansent sous les larmes du ciel sur lesquels elles rebondissent.

 

Des « flic » et des « flac » se font joyeusement entendre sur les toiles imperméabilisées. Les mains serrées sur leurs tiges terminent les bras en angle droit. Les silhouettes sans visage se pressent en faisant de grandes enjambées. La chorégraphie des parapluies suit le rythme saccadé des gouttes d’eau qui se brisent sur le sol dans leur chute fatale. Les flaques grandissantes reflètent les jambes des passants pressés.

 

La pluie s’apaise et le petit bruit sec des perles d’eau ralentit puis s’éteint sur les parapluies. Les mains se tendent devant les silhouettes dont les pas ralentissent, la paume vers le ciel. Les fleurs multicolores ferment leurs pétales et s’ébrouent sous le mouvement des bras baissés. Les champs de parapluie se sont dissous avec le retour du soleil et les visages surgissent dans la lumière du jour.

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