La roue
Qu’ils soient fortunés ou pauvres, ils tournent dans leurs vies comme un hamster dans sa roue. A la poursuite d’un bonheur qui les fuit, ils courent sans jamais s’arrêter.
Les pauvres ont peur de manquer, ils s’abrutissent dans leur travail et devant la télévision, une bière ou un soda d'une marque bidon à la main. Ils s’unissent de joie devant le sport ou se demandent ce qu’il va se passer demain dans leur émission de téléréalité.
Les riches ont peur de payer des impôts et des charges, ils s’abrutissent à trouver le moyen de gagner encore plus d’argent et comment faire pour ne pas partager avec l’Etat. Ils se rencontrent dans des lieux chics où ils écoutent et transmettent les derniers ragots sur leurs amis.
Les pauvres et les riches courent dans la roue de leur vie comme un hamster dans sa cage.
Les pauvres profitent des aides de l’Etat qui sont des grains de poussière dans leurs porte-monnaie et qu’ils ont peur de voir diminuer.
Les riches profitent de la crise pour faire travailler les pauvres dans les pires conditions, les observent comme s’ils étaient au spectacle ou dans les jeux du cirque antique.
Ils sont tous prisonniers de la course au bonheur et n’arrivent jamais à être pleinement satisfaits. Ils ont toujours un vide à combler, que ça soit le manque d’argent et de sécurité ou le besoin d’amasser encore plus et de détruire les autres.
Les pauvres et les riches sont enchaînés les uns aux autres et n’arrivent pas à se libérer de leurs peurs de rester seuls et de mourir seuls.
©FrançoiseLATOUR