Qui n’a pas connu les petites douleurs dans l’âme, ces sensations inattendues qui nous laissent un petit goût d’amertume quelque part par là, un endroit où ça fait un peu mal. Alors, on met une petite chanson qui fait remonter un brin de nostalgie, le plaisir un peu étrange de se faire encore un peu plus mal. On se pose des questions, on se demande si on a bien fait. On regrette un peu le temps passé resté derrière soi à la traine, et qui fait penser au sillage moutonneux d’un bateau trop pressé.

 

Besoin de se laisser aller, besoin de se rouler en boule avec le chat ou le chien contre soi. Besoin de rêvasser et de regarder par la fenêtre le ciel un peu floconneux et qui semble vouloir nous écraser sous le poids de sa grisaille. Besoin de se rapprocher de l’âtre et de se chauffer aux flammes vives qui projettent des ombres qu’on a envie de trouver inquiétantes dans le vague plaisir enfantin de se faire peur.

 

C’est l’automne et ses averses déversent leur trop plein de larmes bénéfiques pour la nature sur un sol vite engorgé. C’est l’automne et ses couleurs rousses et jaunes commencent à se foncer sous le manque de soleil. Les oiseaux sont allés se cacher en silence, les chiens sont couchés dans les niches ou contre les foyers. Les chats se roulent en boule dans leur panier ou leur fauteuil préféré, le nez bien au chaud dans leur fourrure, le regard coulissant entre les fentes des paupières. Les cailloux luisent de l’eau qui glisse sur eux. Les couleurs même de la nature revêtent un aspect plus sombre et déprimant.

 

Le silence étend sa couverture bien épaisse sur les toits et pénètre à l’intérieur des maisons. Il devient pesant et alourdit l’atmosphère. Le CD continue d’émettre ses notes de musique et le transperce avec ses croches et sa clé de sol. Qui n’a pas connu les petites douleurs dans l’âme, ces sensations inattendues qui nous laissent un petit goût d’amertume quelque part par là, un endroit où ça fait un peu mal.

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