Les maisons s’agrippent les unes aux autres et leurs yeux sombres observent les voitures qui défilent de l’autre côté de ladessindelacitadelle Durance. La citadelle les surplombe et scrute les alentours. Le rocher de la Baume aux strates pratiquement verticales lui fait face. Le passant ridiculement petit ne fait même plus attention à ce paysage grandiose qui s’est modifié au fil du temps. Sisteron ne se dévoile pas facilement. Elle est mystérieuse et livre ses confidences à ceux qui lui font la cour.


Les toitures des rues semblent se rejoindre dans le ciel et chuchoter. C’est souvent d’un pas pressé que les habitants  s’engouffrent dans les ruelles, les pas résonnants sur les trottoirs ou sous les andrones. On reconnait le voyageur qui déambule tranquillement, plus hésitant, l’appareil photo en bandoulière et des brochures à la main. Les portes anciennes, les tours ou la cathédrale de Notre Dame des Pommiers sont autant de livres d’images à feuilleter que les peintures de Louis Javel, peintre sisteronais amoureux de sa ville et de sa citadelle et qu’il a déclinées sous des couleurs et des émotions différentes.

 

Le passant suit à pied la Durance qui s’écoule avec sérénité ou fougue suivant son humeur de femme à l’élégance ondulante. Les voitures longent son lit de leur hauteur et ignorent sa séduction étincelante, dans leur besoin d’arriver. 

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