Fleurs en plastique, fleurs en céramique ou fleurs fanées,  elles peuplent les dalles en pierre ou en marbre. Elles apaisent le départ ultime qu’elles accompagnent dans le silence des croix et des stèles. Rondes infinies de fleurs immobiles, elles se fixent pour l’éternité qui passe en soupir. Le peuple qui s’endort sous terre s’égaie parfois de quelques visites venues épousseter la froideur des tombes dont certaines meurent à leur tour dans l’oubli et l’abandon.

 

La blancheur de quelques couronnes finit par se ternir sous le temps passé. D’autres portent des couleurs qui pâlissent de solitude et d’ennui. Même lorsque les heures ne se comptent plus… La pluie vient parfois verser quelques larmes de cristal que le vent balaie distraitement. Le soleil vient déposer des baisers de feu et boire à la coupe des souvenirs. La vie souffle une brise autour des roses et des pensées figées dans la matière afin de les réchauffer.

 

Et certaine journée, les chemins sinueux bruissent de pas qui hésitent, ralentissent et repartent vite pour s’arrêter et se taire. Des fleurs fraîches rondes comme des pompons de laine colorés poussent tout à coup et se serrent dans des pots trop petits. Leur port de tête altier frémit d’orgueil comme des reines adulées dont les jours sont comptés…

 

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