La roue du moulin tourne lentement et lourdement. L’eau qu’elle entraine s’affaisse pour remonter et retomber avec régularité. Le vent souffle et caresse la toiture. La meule en pierre tourne sur elle-même. Selon les saisons, elle écrase le blé qui devient une poudre blanchâtre indispensable à la nourriture des hommes. Sinon, ce sont les olives ovales fraîchement cueillies qui deviennent un liquide ambré et un peu épais. La vie s’écoule autour du bâtiment. L’eau chante ou crie selon ses humeurs.

 

Aujourd’hui, il ne reste plus que la meule en pierre du moulin de Peyruis. Cassée, adossée à un mur, elle regarde le temps s’écouler, les fleurs sauvages pousser, la neige virevolter et tomber, le soleil brûler les passants et la pluie éclabousser les chemins. Elle écoute les histoires que viennent se raconter les papillons en formant des ronds au-dessus d’elle. La poussière du monde vient lentement s’y déposer, grain après grain. L’herbe verte vient se nicher dans le creux de ses cassures et embrasse ses plaies anciennes. L’imagination lui prête vie à défaut des mémoires désormais éteintes.

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