Le sable mouillé s’enfonce sous les pas.  Il était brûlant un mètre plus loin, fluide et s’infiltrait dans les chaussures qu’il a fallu ôter. Il est maintenant plus froid et plus compact. Les vagues l’ont lissé. Je le caresse avec la main, je l’aplatis et j’écris pour toi quelques mots que tu ne liras pas avec l’index. Je me suis assise et l’humidité a saisi et envahi tout mon corps.

 

Le doigt trace des courbes et des lignes droites que j’efface et que je gomme pour recommencer. Le bruit des vagues berce mon corps d’une douceur monotone. C’est au creux de mon âme que tu sauras qui je suis. C’est au creux de mon âme que tu sauras ce que je pense. Mais je ne t’y invite pas car tu pourrais m’y blesser.

 

La mousse de l’écume s’approche de mes mots et repart en laissant derrière elle quelques bulles. Le bruit régulier apaise les images qui sont dans mon esprit. Les mouettes lancent des cris et l’odeur de l’iode envahit mes narines. Elle se plaque contre mon palais. Mes lignes sont faites et le bout de mon doigt est fripé d’être resté si longtemps dans l’eau. Une vague plus haute et plus téméraire que les autres retombe près de moi et sa langue attrape mon message et l’entraîne avec elle. Je le regarde partir, la tête posée sur les genoux. Il emporte avec lui hier qui ne reviendra plus…

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