Le livre attend ton retour. Il est posé sagement à côté de ton fauteuil. Tu sais ? Celui qui est prêt de la cheminée et dans lequel tu aimes tant te poser hiver comme été, gémissant sous ton poids pourtant si frêle. Ton regard se perd dans les flammes qui dansent en crépitant durant les grands froids. Ou il plonge par la fenêtre grande ouverte devant l’été, laissant entrer les bourdonnements des abeilles et le chant des oiseaux.

 

Et enfin, ton bras qui se tend vers ce livre que tu ouvres délicatement pour « ne pas le casser », dis-tu souvent. Il t’est insupportable de voir des bouquins à la tranche brisée ! Cet objet qui n’est plus tout à fait au goût du jour avec Internet te fascine. Tu passes toujours la main bien à plat sur la couverture en le lissant. C’est une petite caresse pour l’apprivoiser et le saluer afin qu’il te délivre toute son histoire, un rite incontournable pour toi et inconscient. Des romans, tu en lis tellement que les bibliothèques débordent et qu’on en trouve en pile un peu partout. Une fois lus, tu ne peux pas t’en débarrasser. Ils font un peu partie de toi-même.

 

Le livre attend ton retour. Il est posé sagement à côté de ton fauteuil et il attend en vain que tu t’empares de lui… Le fauteuil crie famine du vide que tu as laissé et il reste bien silencieux, désormais.

Le livre attend ton retour.
Retour à l'accueil