J’entends encore le son cristallin de mon cœur le jour où il a volé en éclats. C’était un bruit fin et si doux qu’il en était musical. Je me souviens de ce jour où je me suis allongée près de moi.  Ou plutôt tombée. Effondrée par la cruauté de ce moment unique et que je n’ai jamais oublié.

 

Tout le monde s’est affairé autour de mon corps, inquiet de mon silence et de ma chute si brutale. Personne ne comprenait car personne n’avait entendu. Et pourtant, je n’ai entendu que ça, ces notes de pluie qui ressemblaient à des larmes. Comment se fait-il qu’il n’y ait eu que moi pour les percevoir ?

 

Le jour où mon cœur s’est brisé, je suis morte à mon passé et à ma vie toute entière. Je me suis relevée et je me suis vue, étendue dans le silence qui se faisait autour de moi. La stupéfaction rendait tout le monde muet. Je suis partie en me retournant une fois, une seule, avec la peur d’être transformée en statue de sel. Mais non, je n’ai vu que tous ces gens agglutinés sur une ombre, celle de ma douleur. Je suis partie pour ne plus revenir.

 

Je suis sortie dans la lumière blanche du jour qui m’a aveuglée. J’ai empli mes poumons d’air et le reste de mon cœur s’est remis à battre. Partie droit devant moi sans vouloir me retourner désormais, je me suis mise à vivre.

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