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Des brassées de fleurs de coton tombent sur la terre froide ce soir, avec une rigueur constante. Elles finissent par recouvrir le sol, les arbres, les bâtiments, tout ce qui s’immobilise, d’un manteau blanc glacial.

 

Bosses, rondeurs, monticules, dentelles givrées et duveteuses, tiges tombant avec grâce sous le poids, étendues planes qui semblent devenues vertigineuses, le paysage est fantomatique. Il se confond avec le ciel qui se laisse tomber sur lui. Plus rien n’est reconnaissable. L’imagination peut alors s’emparer du pouvoir…

 

La nuit tombe sur un monde lunaire où tout est silence.

 

Lorsqu’enfin, le soleil ouvre les yeux, il porte son regard étincelant sur le tapis duveteux immaculé ou presque. De légères traces de pattes, délicates et fines, ou plus trapues, ont laissé sur le sol la trace du passage d’une vie nocturne ou bien matinale.

 

Les éclats de lumière brillent sur les cristaux de neige qui revêtent leurs habits de diamant.

 

L’hiver avance à grand pas. Après être arrivé sur la pointe des pieds, il est bien campé sur ses jambes solides. Plus rien ne le délogera. Il ne craint que le printemps et son parfum aérien.

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