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Qui n’a pas vécu cette souffrance soudaine issue du vide brutal d’une absence ? Il emplit brutalement chaque seconde et est insupportable. Tout comme un membre coupé qui fait mal, le manque d’elle ou de lui devient vite intolérable.

 

La vie s’est arrêtée lorsque tu as fermé les yeux. Petit à petit, elle a quitté ton regard qui s’est figé sur le vide. J’aurais voulu te serrer dans mes bras pour te retenir, mais ton corps ne voulait plus lutter. Il s’est relâché doucement, imperceptiblement, sans que tu ne t’en rendes compte toi-même.

 

J’ai encore dans ma mémoire l’image de ta chambre qui s’est figée dans l’espoir de ton retour. Ton lit attend de gémir sous ton poids. Le réveil posé sur la table de nuit continue d’égrener les secondes avec un tic-tac régulier. Le livre que tu as posé à côté attend que tu viennes tourner ses pages. La veste posée à la hâte sur une chaise porte encore certains contours de ton corps. J’ai l’impression que je vais entendre tes pas dans le couloir…

 

Il faut bien avancer et tourner la page. Les larmes se sont taries et les rires sont revenus. Le temps a soufflé sur le sablier et effacé les traces du chagrin. Il n’a laissé que des souvenirs heureux. Parfois, pourtant, lorsqu’on s’y attend le moins, une image ou un son s’immisce dans le grenier à souvenirs et ramène à ce manque qui s’est atténué, mais existe encore un peu… Qui n’a pas tenté de retenir en vain entre ses doigts les grains de sable qui s’écoulent ?

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