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Ma page est blanche et je crois bien qu’elle va le rester. Elle me renvoie l’image vide d’une histoire emplie d’histoires, de mots qu’on ne dit pas, de silences bruyants et de jours de pluie. Les larmes du ciel sont celles de ton cœur qui n’a jamais été apaisé. Ta bouche est fermée sur tes pensées. Assis sur le sable, face à l’océan qui jette son écume à grande eau, tu fais glisser les grains de sable entre tes doigts et leur douceur chatouillent la paume de ta main. Tu joues à les faire crisser distraitement tandis que ton regard se porte au loin. Les vagues s’élèvent et la mer a pris une couleur foncée. Elle est en colère aujourd’hui et elle se fond avec le ciel aux nuages lourds de rage.

 

Le vent mugit dans tes oreilles et emporte le sable que tu délaisses enfin. L’eau s’élève et roule sur elle-même et le bruit qu’elle fait vide ton esprit. Seul sur la dune, tu surplombes l’immensité de la plage vide. Aujourd’hui, il te semble que les éléments s’emparent de ton humeur et l’épousent. Tu te lèves alors et leur offres ainsi la résistance de ton corps en entier. Tes vêtements se collent à lui, tes cheveux sont tirés dans tous les sens. L’océan t’appartient  à cet instant même. Tu ne fais qu’un avec lui. Les nuages sont de plus en plus nombreux et se rassemblent en troupeau noir. Si seulement tu pouvais te rouler dedans, t’ensevelir en eux, t’y noyer !

 

L’atmosphère est magique et si étrange… Les promeneurs n’osent pas s’aventurer sur la plage lorsqu’elle devient folle. Or, aimer la mer, c’est aussi ou surtout l’aimer dans ses moments tumultueux et fougueux lorsqu’elle ne fait plus qu’un avec le ciel. Elle est alors le reflet de ton âme en peine. La menace qu’elle représente apaise le tourment du voyageur qui ne s’arrête jamais et cherche en vain son chemin…

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