En se levant, ce matin, elle s’est sentie mal. C’est de plus en plus difficile chaque jour. Le vendredi soir, tout va bien… Mais le lundi matin, le malaise recommence…

 

Elle a mal à la tête, sa gorge se noue, ses jambes ont des difficultés à la porter. Le choix de ses vêtements est très compliqué car il faut qu’ils soient sobres et qu’ils n’attirent pas l’attention sur elle…

 

Après avoir revêtu un pantalon sombre et un pull over assez large, sans aucun maquillage, coiffée avec discrétion, elle monte dans sa voiture. Une fois arrivée à destination, elle hésite avant de poser la main sur la porte de l’immeuble où elle travaille…

 

Elle se glisse furtivement dans son bureau, mais elle sait bien qu’elle ne lui échappera pas longtemps ! Il ne va pas tarder à l’appeler. Elle sent l’angoisse qui monte. C’est le même scénario à chaque fois. Elle entre dans son bureau et lorsque leurs yeux se croisent, elle se paralyse sans pouvoir se contrôler. Il joue avec elle, la dévisage, la scrute, l’examine des pieds à la tête. Ses sourires sont plein de sous-entendus. Il se débrouille pour la frôler, lui reproche ses tenues trop sobres avec une grande douceur dans la voix.

 

Elle se sent prise dans une toile d’araignée et ne sait plus comment se dépêtrer. Ses collègues savent, mais personne ne la soutient. Tout le monde fait semblant que tout va bien. Elle se sent prise au piège d’un prédateur qui la manipule et joue avec elle…

 

Le droit au travail pour une femme, c’est avant tout le droit de travailler sans peur et dans la dignité.

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