Plat pays et montagnes

J’ai laissé quelques traces de mes pas derrière moi dans un pays que j’aime encore d’un amour sage et paisible. La vie y est trépidante au milieu des immeubles anciens, des rues historiques, des villas aux jardins fleuris, au parfum iodé, au son des meuglements de vaches et aux espaces où l’œil se perd. Les racines de mon histoire y ont poussé et s’y sont consolidées. Le printemps et l’été y ont fait pousser des grappes de raisin juteux et coloré qui éclate dans la bouche. La musique et les flonflons résonnent encore dans mes souvenirs attendris. Les forêts tapissées de fougères appellent encore mes promenades et la brume matinale se déroule dans mes rêves. Le soleil illumine mon regard et le bruit régulier des gouttes de pluie froide s’écrase parfois dans ma mémoire.

J’ai tant de bonheur à retrouver mes racines…

J’ai tant de plaisir à avoir planté une nouvelle vie dans la Provence montagneuse…

Les moutons bêlent dans des mouvements de vagues fendues parfois par un être humain ou un chien. Les cloches pendues à leurs cous font entendre des chants qui annoncent la transhumance. Les cris des bergers qui les interpellent s’élèvent dans le ciel. Les montagnes rugueuses offrent leur feuilletage au ciel bleu. Les branches des arbres s’alourdissent de fruits le long des routes sinueuses qui se déroulent à l’infini. Les villages s’accrochent aux flans des montagnes. Les rues étroites se resserrent pour s’ouvrir en douceur. Les flocons de neige se déversent par surprise sur les toits des maisons et recouvrent les campagnes au relief intrépide. Le vent emporte dans son sillage les parfums des oliviers. L’arbre de ma vie pousse dans ce pays qui est désormais le mien et qui m’ouvre les bras. Mes pas foulent sa terre aride et sauvageonne dont j’aime les défis qu’elle me lance.

©FrançoiseLATOUR

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