Le monde se perd

Ils sont tous là, à pleurer et à geindre… Les ombres des âmes en peine rampent, à la recherche de leur cœur qu’ils ont arraché un jour où la douleur était si forte qu’elle en était insupportable. Ils ont ouvert leur poitrine oppressée après l’avoir labouré de leurs ongles. Les poings ne suffisaient plus pour faire taire les voix des chagrins qui hurlaient en se moquant d’eux. Les âmes en peine n’ont plus de cœur et les blessures n’en ont jamais eu…

 

Les joies déchirées, les bonheurs éteints et les rires désenchantés errent à l’ombre des chagrins et des trahisons. Les peurs ont tissé leurs toiles scintillantes où les étoiles dorment en silence du dernier sommeil.

 

Qui sont-ils, ceux qui prennent le pouvoir de détruire ? Ils ne sont pas plus heureux. Qui sont-ils, ceux qui ont le pouvoir de détester ? Ils n’aiment pas les autres. Qui sont ceux qui portent de beaux costumes et se pavanent dans le luxe ? Ce sont les pauvres d’esprit, les miséreux dépossédés du sentiment des autres.

 

Les berceaux vides se balancent en grinçant. Les portefeuilles sont lourds de feuilles mortes qui se ramassent sur les défunts usés par le labeur et l’injustice. L’honneur n’est qu’un mot, l’honnêteté sonne comme les petites vertus et l’injustice s’envole sur un balai de sorcière. Le doute n’est plus permis.

 

Le monde pleure de ne pas savoir aimer, le monde pleure de ne pas se sentir aimé.

 

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