Les vitrines étincellent sous le soleil du printemps. Elles renvoient l’image des passants anonymes qui ne se voient pas. Le bruit des pas est étouffé par les moteurs des voitures. La rue se fait entendre, la rue est vivante. Les silhouettes s’avancent vers moi et me croisent. Les poings enfoncés dans les poches, le regard au loin et le menton levé, mon esprit vagabonde et je me promène seul au milieu d’une foule qui m’ignore et que j’oublie. Parfois, des épaules pressées me bousculent sans un pardon.

 

Tandis que tranquille et serein, je prends le temps de prendre mon temps, j’aperçois entre des visages vides aux yeux sans couleurs la légèreté d’une chevelure de blé mûr. Les mèches volent autour d’un visage lumineux et l’intensité d’un regard croise mon cœur qui s’affole. Un parfum vient caresser mes narines. Un sourire rosé s’est posé sur mes lèvres. Le temps ralentit. Mon âme s’étourdit et mes bras s’ouvrent…

 

Nous nous regardons, face à face, sans oser bouger. Je la prends par la main et je l’entraîne avec moi dans le sillage de ma vie. Echange de numéros, premier rendez-vous, premier baiser, nous apprenons à nous connaître après nous être reconnus. Vie de couple, vie de famille, vie qui s’écoule, vie qui sème d’amour…

 

Les regards croisés se sont perdus et le temps figé a repris son cours. L’inconnue est passée et le rêve d’une vie s’écroule, laissant derrière elle le souvenir d’un parfum et d’un songe éveillé.

L'inconnue
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