Alors que la tempête souffle et que le chaos se fait entendre, tu me manques. Ma vie fut entrecoupée d’instants importants et magiques  et j’aurais voulu les partager avec toi. Mais tu n’étais pas là. Tu ne m’as pas consolé lors des échecs, et tu n’as pas été fier de moi lors de mes victoires. Tu n’as pas su que je devenais mère, tu n’as pas vu mes premiers cheveux blancs.

 

Je voudrais pouvoir te raconter et rire avec toi, mais tu es absent de ma vie. Je n’ai que des souvenirs d’adolescente et non des moments partagés avec toi en tant qu’adulte. Je me suis habituée avec le temps à ce vide. Chaque centimètre de notre maison était habité par toi, mais elle a été vendue. Ce fut une nouvelle rupture, un autre déchirement.

 

Tu ne m’as pas amené à l’autel, tu n’as pas tenu tes petits-enfants dans tes bras, tu n’as pas pu me donner de conseils ni répondre à mes questions. Ton absence me pèse encore parfois, et surtout dans les moments les plus privilégiés de ma vie. Ton départ précipité fut pour toi une délivrance et pour nous, une profonde blessure.

 

Ta rigueur et ta droiture ont toujours fait mon admiration, à l’égal de cette culture que tu détenais et que tu savais utiliser à bon escient. Tu étais à mes yeux un grand homme, et à ceux de bien d’autres aussi.

 

Loin de tout, loin de tous et loin de nous, tu es à jamais mon père bien aimé.

Lettre à mon père
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