Les oiseaux partent vers des horizons infinis dans un froissement d’ailes et de plumes soyeux. Ils s’élancent vers les archanges et s’élèvent au-dessus des chagrins et des cœurs brisés. Ils aspirent à la liberté et brisent les chaînes de la pesanteur humaine. Ils entrouvrent leur bec et abandonnent derrière eux les brins de paille de leur nid douillet qui finira par se dessécher au gré des intempéries et des saisons. Ils étirent leurs ailes et dessinent sur le sol l’ombre caressante leurs silhouettes.

 

 

L’enfant les regarde partir dans un soupir d’envie. Il étend ses bras et se met à courir pour les suivre, mais est vite distancé par l’apesanteur terrestre qui alourdit ses jambes et ralentit ses gestes. Il finit par courir en cercle, les bras imitant le battement des ailes et le nez tendu vers la cime des arbres qui emprisonnent sa vue. Les oiseaux sont partis et le ciel a retrouvé le silence de son immobilité. Il est tard, le soleil cligne des yeux. C’est le soir et l’été baille, prêt à se coucher en attendant de se réveiller de sa longue nuit derrière le printemps prochain.

 

L’été s’achève.
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